La dette en doute

Ma dette, ma dette hooo ma dette ! Qu’est ce qu’elle est grosse ma dette !

En France c’est 2 089.4 milliards d’euros, soit 93.5% du PIB qui est … de la dette. En Allemagne on touche les 78.4%, en Grande-Bretagne c’est 90,6% du PIB, en Espagne 93.9% en Italie 132.6%, la Grèce 175.1%… au dessus de 100% du PIB c’est embêtant car, d’un point de vu purement financier, l’intégralité de la production du pays — c’est ça le PIB — n’appartient plus au pays. Il est dû. Soit à une banque privée, soit à un autre pays, soit à papy quand il a participé à un emprunt national.

C’est quand même bien emmerdant de se dire qu’en France on bosse à 93.5% pour des créanciers…

Alors comment salsifis ? Pour le savoir, il faut comprendre comment marche l’argent, parce que comme ça là on croit que… mais non.

À partir du moment ou une monnaie est introduite dans un État, ce dernier doit contrôler cette première. C’est un de ses rôles. Même les romains faisaient, c’est dire ! Et comment tu la contrôles ? En la créant (on fait tourner la planche à billets) ou en la supprimant (on fait tourner les serviettes).

La tâche difficile de l’État est de maintenir la monnaie à bon niveau. Et le bon niveau c’est quoi ? … C’est le bon niveau. Il n’y a pas de calcul savant pour ça mais imageons :

  • La totalité des biens du pays sont : 200 pommes — produits bruts — et 2 tartes aux pommes — produits manufacturés —. C’est pas le plus riche des pays mais il tourne.
  • Sachant qu’il faut 3 pommes + 1h de main d’œuvre — échangée pour 10 pommes — pour faire une tarte aux pommes. On peut évaluer sa valeur à 13 pommes.
  • Maintenant l’État décide d’imprimer de la monnaie, il crache 2260 flouz.
  • Par un rapide calcul : 200 pommes + 2 tartes = 200 + 2 * 13 = 226 pommes. 2260 / 226 = 10.
  • Conclusion : 1 pommes vaut 10 flouz, 1 tarte vaut 130 flouz et 1 heure de main d’œuvre vaut — est payée — 100 flouz

Ça c’est le principe, sauf que dans la vraie vie, on a du bois, du métal, de l’eau, de la terre, de la pierre et… des tables, des chaises, des meubles, des fenêtres et… des avions, des ordinateurs, des chaînes hi-fi, des réfrigérateur et… des banques, des postes, des écoles, des mairies… BREF tout un tas de trucs ! Par millions ! Je vous cache pas que les calculs sont un poil plus compliqués.

Mais aux début de la monnaie, c’est plutôt arbitraire, le roi dis “frappez 100 écus” et *POF* les pommes valent… les écus vont dans sa poche…

Mais du coup c’est-quoi-le-bon-ni-veau ? En effet, on a vu un niveau mais on ne sait pas si c’est le bon ! Ha ha ! Là super dur, le bon niveau c’est… le niveau où on se sent bien ! Donc au final, c’est toujours aussi arbitraire.

Si l’État avait imprimé 226 000 flouz, la pomme aurait value 1000 flouz, c’est super pénible d’aller acheter une pomme avec une brouette de billets
→ l’argent ne vaut rien, c’est l’inflation.

Si l’État avait imprimé 22 flouz, la pomme coûte 0.1 flouz, la tarte 1.3, et un salaire 1, les centimes de flouz n’existant pas, on est obligé d’acheter les pommes et les tartes par 10
→ l’argent vaut trop, c’est la récession.

Il ne faut pas oublier aussi, qu’un pays, ça bouge. On va cueillir des pommes, fabriquer des tartes etc. L’État doit donc s’adapter continuellement pour que la monnaie ait toujours la même valeur → qu’une pomme vaille toujours 10 flouz.

Si la pays crée de plus en plus de valeur, il est en croissancel’État crée de la monnaie.
Si le pays crée de moins en moins de valeurs, il est en décroissance l’État supprime de la monnaie.

On remarque que ni la croissance ni la décroissance n’est favorable ou non au système monétaire… l’un comme l’autre — si la monnaie est bien gérée — ne change rien !

Si on en reste là, tout roule !

Mais, on n’en reste pas là ! Car tout roule avec une seule monnaie dans un seul pays ! Dès que l’on veut faire du commerce avec le voisin, à l’international, il faut convertir. Et c’est reparti pour calculer la valeur d’un pays, la valeur de l’autre, faire ça au prorata de la monnaie en circulation dans le pays.

Comme la valeur d’un pays change constamment, le taux de change change aussi constamment. Mais ça, on gère, il y a toute une flaupé d’allumés qui bossent à Wall Street pour ça. Avant les grandes bourses mondiale… on comparait le prix des pommes…

Et puis *BIM* ! La banque ! Quoi la banque ? Elle est méchante ! Ho ! En fait non mais au final si.

À la base le système d’une banque est très simple → 1000 personnes posent de l’argent à la banque → Michel à besoin d’argent → la banque pioche sur tout les comptes et donne à Michel ce qu’il veut → Michel rembourse son emprunt, avec un intérêt histoire de rémunérer le travail de la banque → la boucle est bouclée.

Rien de bien extraordinaire, c’est un service comme un autre.

Mais ! En 1742 en Angleterre, un banquier décide de créer… le chèque… Grande révolution ! Écrire sur un morceau de papier un montant vaut ce montant ! C’est l’invention de la monnaie scripturale. Encore une fois, ça marche bien. Les chèques ne sont utilisés que pour des dépôts et des retraits, la monnaie tourne toujours plutôt bien.

Jusqu’à ce qu’un autre banquier — disons Roger —, je ne sais quand, je ne sais où, a une idée lumineuse

– “Et si … si… lorsque quelqu’un viens me faire un emprunt, au lieu de lui donner du cash… je lui fais un chèque ?”

Pas con le Roger ! Mais il y a un soucis de taille : un chèque ça ne se coupe pas. Si c’est un chèque de 1000 flouz, t’achètes un truc qui vaut 1000 flouz ou t’achètes rien. Donc Roger est déçu. Pauvre Roger.

Puis le temps passe, les banques évoluent, la technologie évolue et… l’informatique arrive ! Alors là, Roger, il est ouf !

– “Mais les mecs ! On a qu’a faire des chèques virtuels ! Avec des chiffre dans des bases de données et *ZOU*  !”

Et *ZOU*…

Il n’aura pas fallu le dire deux fois, Roger invente la carte de crédit et avec… le crédit !

Maintenant, quand Michel vient emprunter des sous à la banque. Et bien la banque, elle modifie un chiffre en base de donnée, et *HOP* Michel il a ses sous ! Il peut même les dépenser normalement. La encore ça roule… plus ou moins : la banque peut en effet créer de la monnaie — normalement réservée à l’État — mais cette monnaie créée disparaît aussitôt qu’elle est remboursée. Donc ça s’équilibre.

En parallèle, pour que tout fonctionne bien, il faut que l’État crée de la monnaie pour l’apport de valeur des banques. Comme il faut payer des intérêts sur ses emprunts, il faut le pouvoir !
Exemple : si il y a 1000 flouz en circulation dans le pays, que j’emprunte tout et que je dois en rembourser 1010 à la banque… il serait de bon sens pour l’État de créer les 10 flouz manquants.

No soucy, l’économie roule, en plus on est en plein 30 glorieuses alors grosse croissance, plein de thune, tout beigne !

Et puis… c’est le temps des crises. On ne va pas rentrer dans les détails, mais quand c’est la crise, une solution qui marche bien sur le court terme, c’est de faire tourner la planche à billets à tout zingue ! Comme les politiciens sont des hommes de court terme — surtout à l’approche des élections — ils ont tous transformé leur banque centrale en sulfateuse. On comprend vite que ça crée une inflation énorme. Et qu’à l’international l’argent vaut moins.

Vous prenez 20 États et vous les laissez s’amuser avec leur planche… s’en est fi de l’import export ! Et les USA se poilent bien !

Le 13 décembre 2007, les membres de l’union européenne se rassemblent à Lisbonne pour signer un traité — sur tout plein de sujets — dans lequel l’article 123 interdit les État à piocher dans leur banque centrale ! Pour éviter ainsi des inflations phénoménales.

Résultat des courses, plus d’inflation ça c’est sur, mais surtout plus de création monétaire dirigée par l’État ! La seule création monétaire qu’il reste est celle dite par le crédit.

Donc ! État quand il a besoin de sous, que fait il ? Il emprunte ! Aux banque ! De la monnaie scripturale ! Qui n’existe pas !

En addition, il doit rajouter des intérêts, forcément, mais comme on l’a vu plus tôt, pour que les intérêts puissent être remboursés, il faut qu’ils existent, donc il faut créer de la monnaie, et le seul moyen de créer de la monnaie, c’est les banques ! Alors on emprunte à nouveau ! À des banques ! De la monnaie scripturale ! Qui n’existe pas ! En addition, forcément, il faut rajouter des intérêts, qui n’existent pas, donc on emprunte… Et la boucle est bouclée…

Les plus mathématiciens d’entre nous auront vite compris qu’il est strictement impossible avec un tel système de rembourser une quelconque dette. L’histoire le prouve, si l’on compare la courbe de progression de la dette française et la courbe des intérêts cumulés au cours du temps, on obtient :

dette-avec-ou-sans-interet

Deux courbes très similaires ! Alors que sans intérêt — ou avec création monétaire par l’État — elle est franchement acceptable.

Pour conclure, une vidéo qui résume tout !

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