Du quantique en tête

Étienne Klein est un physicien français docteur en philosophie des sciences.

Après avoir suivis ses cours captivants sur la physique quantique — disponible à la fin — j’ai scripté une réponses d’Étienne portant sur la position d’une particule quantique, que voici.

Quand vous demandez à une particule, par le biais d’un instrument de mesure :

Particule, quelle est ta position ?

La particule, si vous ne la titillez pas trop dit :

Mais je n’ai pas de position.

Mais si vous l’obligez à rentrer dans un dispositif expérimental dont la fonction est de mesurer la position, vous allez torturer cette particule. Et sous la torture, elle va parler elle va dire :

Tu me tortures, bah moi je vais te dire ma position, c’est X…

Et elle va apparaître en une position X !

Et vous, vous allez dire :

Mais si j’ai vu cette particule à la position X.
— C’est le cas, vous venez de faire la mesure. —
Juste avant la mesure, la particule était déjà en X.

Et la physique quantique vous dit :

Non

Non, avant elle était représentée par un vecteur d’état qui la représentait comme une sorte d’ectoplasme délocalisé qui n’a pas de position bien défini.

C’est le fait de lui poser la question de sa position qui l’oblige à prendre position.

Mais avant il n’y a pas de position, il n’y a pas même d’impulsion bien définie, il y a tout l’ensemble de valeurs possible.

Et c’est le fait de faire la mesure, qui, parmi toutes les valeurs possibles, va actualiser une valeur particulière parmi toutes celles qui étaient à priori possibles.

 

C’est comme les sondages pour les élections.

La plupart des Français n’ont pas d’avis sur les présidentielles.

La plupart d’entre nous, on flotte, on est dans une superposition quantique intégrale.

Entre les deux les trois, les quartes je ne sais pas combien vous en prenez. Mais nous sommes des chats de Schrödinger électoraux.

Et quand il y a un sondeur qui s’amène, il vous pose les questions qui vous obligent à prendre position.

Parce que votre position, elle est tellement subtile, vous osciller, vous hésitez, il y a du bon, il y a du mauvais, vous n’êtes pas déterminé.

Mais le sondeur il veut du oui ou du non et il vous oblige à prendre position alors que vous n’avez pas de position.

Et ça peut évoluer, votre paquet d’onde va évoluer au cours du temps. Donc construire une campagne électorale ou un choix de candidat sur des sondages fait un an avant, c’est un délire.

Il faudrait que les gens apprennent un peu plus de cette physique quantique pour être moins victime des sondages.

Ou être victime de se propres dires et pensées passées ! Car on voit là que l’esprit humain à un fonctionnement similaire à celui des particules quantiques !

Dans la vie de tout les jours, cela importe peu :

– Tu préfère le bol rouge ou bleu ?
– Heeeeuuuu… [temps de décohérence]… le bleu.

Même si l’on n’a cure de la couleur du bol, nous avons fait un choix et notre état de superposition je préfère le bleu / je préfère le rouge ou je ne préfère pas le bleu / je ne préfère pas le rouge — souvent synthétisé par je m’en fou — s’est singularisé pour donner une réponse unique je préfère le bleu.

Mais dans d’autre situation, le choix peut être beaucoup plus critique ! Il nous est alors habituel de nous enfermer dans nos propres choix passés, en nous disant j’ai fait ça, donc je suis comme ça. Alors que la physique quantique nous dis NON !

Non. À chaque instant je change. À chaque instant une même question peut avoir une réponse différente. À chaque instant je suis une superposition d’états et c’est dans l’action que je choisis une valeur particulière parmi toutes celles qui étaient à priori possibles.

A chaque instant je suis qui je suis et non qui j’étais ou qui je serai.

 

 

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