Le jour J

Tout le monde est silencieux. Quelques mots par-ci, quelques mots par-là, mais on est dans la majorité pensifs. On pense à ce qui est sur le point de commencer, après tant de temps passé à y réfléchir, à en parler. Beaucoup de questions, mais au final aucune de très importante (à part, peut-être, quand est-ce qu’on va pouvoir manger ?! J’ai rien avalé depuis qu’on s’est levé…). L’important, c’est qu’on part.
 
Il est à peine 8h, on est le mardi 4 octobre 2016 et on est en route pour l’aéroport. Les trois sacs, qui deviendront nos maisons, d’une quinzaine de kilos chacun, entassés dans le coffre. On part. On ne part pas comme on partirait voir de la famille pendant deux semaines, comme notre façon de nous préparer vue de l’extérieur pouvait le laisser penser. On n’a pas prévu de revenir avant un an, en fait. On part, quoi. Direction le Japon, direction 49 heures de voyage. Direction les 49 premières heures d’une bonne douzaine de mois. Le délire !
 
Sur ce, Sayonara !

 
Apres cinq longues années d’études, le même projet persiste au travers des écoles, des stages et des jobs d’étés qui défilent : faire le tour du monde !
Au départs prévu seul, puis envisagé a deux, c’est à trois que nous partons. Rien n’est plus stable qu’un trépied, en plus une fois plié ça prend pas de place ! L’affaire est dans le sac.
 
Le 4 octobre 2016 à 9h55, heure française, Damien (le Bon), Thomas (la Brute) et moi-même (le Truand) décollons du petit aéroport gardois en direction de la capitale technologique du pays du soleil levant, j’ai nommé, Tokyo !
Mais ce n’est pas rien de le dire. Car quand on cherche a voyager pas cher, on fini par se retrouver n’importe où !
Avec une moyenne de treize kilos sur le dos, nous somme prêts à embarquer à bord du célèbre Boeing 737-800 et ses trente six mètres d’envergure. La fameuse compagnie low-cost dont le soldat est à sauver nous accueille à bras grands… sans bras du tout, c’est du low-cost… sous le son de nos futiles interrogations de dernière minutes :
– Faudrait voir où on dors quand on arrive.
– Hum, on a tout le temps du trajet pour ça.
– T’as regardé les Couchsurfings ?
– Oui juste comme ça mais sans faire de demandes, et pour le WWOOFing ?
– Ha !! Faut qu’on s’inscrive dessus !
– C’est de quelle porte qu’on part ? Il décolle dans vingt minutes je crois.
C’est donc dans une atmosphère plutôt détendu que nous effectuons le premier vol d’une longue série pour atterrir à Londres, les mains dans les poches, les sacs dans les soutes.
 
 

Londres
, aéroport Luton, décalage horaire -1h de Nîmes, escale de huit heures au programme. Il est 11h.

Signe 1 avec le pouce car 1ère escale (vous suivez ? ça continue)

Au pays de la politesse et du Buttingdam, nous avons tout juste le temps d’engouffrer un sandwich chez le roi du burger – seule enseigne à proposer un menu véga…étarien – que notre prochain avion est arrivé en gare !
Douce ironie…
L’idée de visiter London City étant abandonnée pour cause des trente euros aller-retour que coute le ticket de bus, cumulés aux trois heures que nous aurait pris le trajet, dont le suivant est dans quarante minutes, le tout saupoudré de l’heure d’avance à avoir sur notre prochain vol… Les meilleurs calculateurs seront arrivés à la même conclusion que nous : 3h en ville pour trente balles, c’est naze.
Après sept longues heures à faire des aller retour entre rien et rien, enfin, la porte d’embarquement s’ouvre et nous nous envolons sous les couleurs criardes de la compagnie low-cost qui fait trembler votre fenêtre MSN. Direction Riga !
 
 

Riga
, capitale de la Lettonie, décalage horaire +2h de Londres, escale de douze heures au programme. Il est 00h.

Non il n’est pas minuit, c’est le lendemain !

– Oula ! Ça caille, bienvenue dans le Nord, loin de tou… HO les salauds ! Y sont même ici ! m’écris-je.
– Heu… qui ? de répondre surpris le Bon.
!!!! m’essoufle-je.
Entre les pays certaines choses ne changent pas… et ce n’est pas forcement pour le mieux…
Après cet épisode traumatisant, nous sortons de l’aéroport en direction du centre ville. Le taxi d’aéroport, de nuit, pour vingts minutes, nous coute dix euros à trois !
Nous rejoignons Simon, un copain qui vis sur place – le hasard fais bien les chose ! – pour passer la nuit dans son ex-bloc soviétique, sans toutefois oublier de passer au bar le plus proche, gouter la bière locale, qui est bien bonne.

Grande conversation philosophique autour d’une vraie bière Lettone.

Riga, pourtant une capitale, possède une atmosphère calme pour un 9h du matin. Les rues y sont d’une propreté impeccable et nous croisons quelques joggeurs à travers les multiples parcs arborés que nous traversons. L’architecture ancienne fait penser à un mélange entre les vieux immeubles montpelliérains et ceux américains du début du XXème. Le bus pour l’aéroport n’est pas cher et les vendeurs de billets très sympas. On sera pile à l’heure pour notre vol.
Cette fois-ci, c’est par une compagnie nationale pas low-cost du tout que nous nous envolons vers Istanbul !
 
 

Istanbul
, aéroport ville, décalage horaire 0h de Riga, escale de dix heures au programme. Il est 15h.

Ça commence à faire long, on débloque un poil.

L’aéroport est gigantesque et, s’agissant d’une escale de la même compagnie, nous ne pouvons le quitter. C’est en cherchant tout de même une sortie que le Bon nous annonce ce qui va devenir l’adage de notre voyage :
“On réfléchira plus tard pour faire des trucs.”
Je profite de ce petit temps de repos pour débuter ces lignes, atour d’une bière / pizza. Certaines choses restent sacrées.
Bien qu’il soit d’une taille déconcertante, l’aéroport ne propose pas d’activités sur le long terme et on commence sérieusement à s’emmerder. Heureusement, il y a des tapis roulants ! Plein de fun pendant… dix minutes… ce n’est pas suffisant. Je vous passe l’attente :

Belle vue… Longue vue…

L’ avion décolle et c’est le dernier ! C’est parti pour dix heures de vol : dodo.

Dodo…

 
 

Tokyo
, la ville infini, qui ne dors jamais, décalage horaire +6h depuis Istanbul, trois mois de… de quoi au fait ? au programme. Il est 19h.
En vérité je vous le dit, nous atterrisâme à Narita, ville aéroportuaire à une heure en train de Tokyo. Mais l’heure est au logement !
Nous passons donc les soirée à recherche par en revue tous les moyens possibles pour dormir : camping urbain, couchsurfing, workingaway, Air B&B, auberge de jeunesse, hôtel capsule, hôtel tout court… (par ordre croissant de prix) et ça prend du temps, on passera notre première nuit à l’aéroport, on n’est plus à ça prêt ! C’est aux alentours d’une heure du matin que nous terminons de rédiger nos demandes.

La ville ne dort jamais peut être, l’aéroport si.

Les hôtels étant bien trop cher, nous avons mis une croix dessus. Le camping urbain reste le dernier recour, nous missions tout sur couchsurfing et workingaway, se laissent jusqu’au matin pour lancer les demandes Air B&B, car oui, on préfère le gratuit ! Ainsi, le lendemain, le 7 octobre, vers midi, que nous décidons, après quatre refus et deux non réponses, d’opter pour le payant. Air B&B nous voici !
Coup de bol, une annonce, pas chère, avec comme hôte un type super sympa, prêt à nous faire rencontrer tous ces amis. N’est ce pas là le meilleur moyen de s’imprégner de la culture locale ? Non ? Bon.
 

Nos premiers ramens japonais !

 

Nos premiers potes japonais (serveurs inclus) !

 

Notre premier retour à 4h du mat’ japonais !

 
Pour une première soirée, c’est une première soirée… Sur ce, demain on réfléchira pour faire des trucs.
 
 
Introduction et photos par Damien Moulard.

4 Comments

  1. brigitte BILCOT

    merci pour les news les garçons ! Bises Brigitte

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  2. Lile presque Moulard

    Superbe introduction à cette fabuleuse aventure. Et puisque le mot d’ordre est “on verra demain” continuez à nous faire partager tout ce que vous voyez (vivez). Bises. Lile

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  3. Pingback: La grande Tokyo – Hen Sen

  4. Ale

    Idée de leitmotiv, le “on continue et on verra” est assez efficace en cas de grosse galere, et peut etre chanté sur l’air de la chenille qui redémarre.

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