La grande Tokyo

C’est parfois très étouffant… Nous sommes assis devant l’entrée d’une station de train et je regarde les gens passer. Les gens qui passent nous regardent aussi, d’ailleurs. On peut lire dans leur regard un mélange de “Tient, des étrangers !” et de “Mais qu’est-ce qu’ils foutent assis là ?!”. En y repensant, on a peut-être pas choisi l’endroit le plus idéal pour poser notre cul… Toujours est-il que nous en avons reçu un paquet, de ces regards, avec ce flot ininterrompu de gens qui passent devant nous. Parce que Tokyo c’est grand, mais il y a surtout beaucoup, beaucoup de monde

Le moment où ça nous a le plus frappé c’est une des nombreuses fois où nous avons pris le train, justement (le moyen de transport de base dans la ville), et que, munis de notre ingéniosité légendaire, nous avons décidé de faire ça à l’heure de pointe. Nous nous sommes retrouvé dans une trame pleine, tellement pleine que nous étions chacun collé à une demi-douzaine de personnes différentes, les employés de la station tassant les passagers qui débordaient pour que les portes puissent se fermer. Et au milieu de cette masse, trois abrutis français, morts de rire. Notre première expérience en tant que sardine japonaise était plutôt marrante !

Ô Sainte Ventilation.

 
Bon, on rit, on rit, mais cette première semaine de voyage à Tokyo, nous ne l’avons pas passée uniquement dans des trains. Nous l’avons surtout passée chez Yuji. Yuji c’est un mec bien sympa dont on a pu voir des bouts de tête sur quelques photos du premier article. Il nous a appris bien des choses, la plus importante étant probablement “Osaké!“, un appel subtil à la fête et à la décontraction. Nous avons dormi sur un de ses confortables futon, dans une pièce tapissée de tatamis en paille. Ça n’a pas l’air comme ça, mais on dort très bien !

Grasse mat’ japonaise !

 
Bon peut-être un peu trop bien, vu qu’on a passé la première journée à ronfler. Faut dire, avec le voyage un peu long, la pluie, l’absence totale d’un quelconque plan, les nombreuses semaines devant nous et surtout la première soirée (Osaké !), on s’est dit qu’on pouvait bien voir plus tard pour faire des trucs… 

Mais assez glandé, à partir du lendemain, nous commencions notre exploration de Tokyo ! Admirer du béton n’étant pas spécialement l’objectif du voyage, nous nous sommes plutôt orienté vers des parcs ou autres temples pour commencer. Et on s’est rendu compte que Tokyo était parsemée d’oasis de verdure un peu partout ! 

Ici, un parc pas loin de chez nous. Oui oui, en plein Tokyo. 

Vous la sentez, la capitale technologique ?

 
Là, un des bâtiments du deuxième plus vieux lieu de culte de la ville, un peu décentré lui.

Ne vous laissez pas berner par la petite taille des japonais : ce temple est vraiment grand.

 
Bonnes surprises, donc !

Vers le milieu de la semaine on s’est dit que bon, faut pas déconner, hein, on va quand même aller voir Tokyo d’un peu plus près. Donc on a marché. Une marche d’une quinzaine de kilomètres en ville, de chez Yuji à l’un des centres villes (on peut pas vraiment parler d’un centre ville, ici). 

Du coup nous avons pu voir pas mal d’aspects différents de Tokyo en quelques heures ! Nous avons traversé nombre de quartiers résidentiels japonais différents, l’occasion d’observer un peu la vie des japonais.

Nous sommes passé par des quartiers pas résidentiels du tout, sous un ciel de publicités de toutes les couleurs et entre les innombrables petits restos de ramens et autres plats japonais pas du tout sans viande (on y reviendra).

De nuit, ça donne ça. De la pub dans ta face ! 

 
Nous nous sommes arrêté, en passant, aux quelques lieux de culte shinto et temples bouddhistes que nous croisions. C’était assez dingue de voir ces oasis de calme et de verdure aux bâtiments religieux parfaitement conservés, tout ça au milieu d’une jungle de béton. Une fois à l’intérieur, on a souvent l’impression d’être sorti de la ville… L’occasion aussi d’apercevoir des cérémonies et autres prières des locaux envers leurs dieux, mais bon, on observe pas intensément non plus, un peu d’intimité voyons.

Salut !

 
Pour finalement arriver dans un grand centre économique avec ses tours gigantesques et ses habitants en costard bien taillé, j’ai nommé Shinjuku.
Le temps était venu de faire une pause (pas la première, athlètes que nous sommes) à l’arrivée de cette rando urbaine, le parc central de Shinjuku. L’endroit est assez peuplé et en traversant l’endroit quelque chose nous interpelle… 

“- Tient un papi qui joue Pokémon Go ! m’amuse-je. 

– On en a croisé beaucoup qui jouent à ça ! d’observer le Truand.”

Et c’est là que ça nous frappe… Tout le monde est sur ce jeu ! Partout autour de nous, où qu’on regarde, quasiment tous les passants du parc ont les yeux rivés vers leurs pokéballs numériques. Ça en devenait flippant, on se serait cru dans une de ces caricatures de notre société où tous les personnages sont absorbés par leur écran…

Après cette pause… Surprenante, donc, nous avons encore le temps de passer par le centre commercial lumineux de Shinjuku, et sa profusion de magasins visant les porte-monnaie légèrement plus fournis que les nôtres, avant de rentrer à la maison. On est contents de cette journée, nos jambes râlent un peu mais qu’importe ! Vu le poids des sacs à dos, elles auront d’autres occasions de se plaindre.

La semaine s’est terminée comme elle avait commencée, non par un lundi mais bien par des excursions plus courtes, entrecoupées de bières et de matinées un peu trop courtes, phénomène que la Brute mettra dans sa sagesse sur le compte du décalage horaire.

Voilà qui résume notre séjour dans la ville qui ne dort jamais ! Un séjour bref, lié entre autres au coût de la vie qui, dans ce pays du soleil levant donne vite envie de retourner se coucher, mais qui nous aura permis d’avoir un bon aperçu de la ville et toutes ces particularités, parfois très… Japonaises… 

CHATS !

 

Ha, notre train arrive ! J’ai assez raconté notre vie pour cette fois, je pense, et puis ce n’est que la première semaine. Ça va être l’heure de replonger dans le flot de passants ! On a dit au revoir à Yuji, on a bu une dernière bière ensemble, on a refermé nos sacs à dos. Maintenant qu’on n’a plus de toit, il est temps de sortir la tente !

2 Comments

  1. Ale

    Cool le récit, et les photos aussi! Jvenais vérifier que vous n’aviez pas été touché par le séisme 😉 Des bisous!

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  2. Pingback: Expérience nipponne (ni mauvaise) – Hen Sen

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