Changement de décors

“Eh vous allez faire comment pour vivre sur place, vous avez des économies ?
– Bha, on va trouver des tafs sur place, faire du couchsurfing et du WWOFFING des trucs comme ça. On a prévu de toucher le minimum possible à notre épargne.”

Les loubards ayant visités
Tous châteaux et musées,
Se trouvèrent fort dépourvus
Quand les comptes furent venus.
Pas un seul petit morceau
De yens ou bien d’euros.
Il allèrent quérir emploi
Sur Workaway aux abois,
Le priant de leur prêter
Quelque taf pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
Prêts à tout faire, le besoin est réel,
Contre un logis, ou un repas,
On trimera jusqu’au trépas.
Workaway n’oblige pas de réponse ;
C’est là son moindre défaut.
“Qu’avez vous fait depuis Kyoto ?
Demanda l’auteur d’une seule annonce
— Nuit et jour à tout venant
Nous marchions, ne vous déplaise.
— Vous marchiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien ! Volez maintenant.”

 

Nous voilà partis pour cause financières
En quête d’un nouvel air
Où nous pourrions vivre aisément
Sans dépenser énormément.
Sur les rotules en direction
De l’aéroport nous nous dirigions
Vers une petite île d’Indonésie
Oui vous l’avez c’est bien Bali !
Nous voilà à nouveau dans l’avion
Survolant l’océan, admirant les flots,
Car entre Bali et le Japon
C’est de l’eau toute la topo.
La première escale en Malaisie s’effectue
À Kuala Lumpur, l’une des deux capitales.
Un pas hors de l’avion suffit à être fatal
Suffoquant et trempés par le climat qui mue.

Dans l’attente tranquille de notre prochain vol (8 heures, on est rodé), nous dégustons avec satisfaction quelque plats locaux et découvrons par la même les tarifs délicieusement associés.

— C’est pas cher comme plat.
— C’est vraiment pas cher comme plat de resto !
— C’est ultra vraiment pas cher comme plat de resto d’aéroport !!
— …
— …
— Même si la note n’est pas salée, c’est quand même vachement épicé !

Malheureusement pour La Brute qui n’aime pas les épices (du curry au cumin, passant par le gingembre) ici le piment est roi. Il s’y fera.

Nous voilà dans le deuxième vol. À travers le hublot, trois têtes se dessinent et contemplent au loin une île qui fait de même. L’océan turquoise borde les falaises acérées et plages de sable blanc, se découpent au dessus d’elles deux montagnes dont on apprend par Le Bon qu’il s’agit des monts Batur et Agung.
Pour une île de la taille de Tokyo nous peinions (sans peinture ha ha) à distinguer ne serait-ce qu’une ville en contrebas, jusqu’au moment de l’atterrissage à Denpasar, capitale de l’île merveilleuse.

 

Jadis, l’année passée, il y à un an, c’était l’été, Le Bon avait survécu quelques mois dans la dense jungle de scooters qu’est Denpasar, en tant que stagiaire. Usant de ses contacts il dégota un logement pour trois, décrit par l’annonceur comme une “maison locale”.
La surprise fût de la même taille que les trois chambres d’hôtel qui nous attendaient, avec nouveaux draps, PQ, litgdeux places et même TV !
Après dix minutes d’extase, sauts sur les lits et douches froides, le nombre de chambres fut réduit de trois à un. Après vingt minutes, le temps prévu de un mois à une semaine. Ce n’est pas que l’hôtel est mauvais mais si nous sommes parti à l’autre bout du monde, ce n’est pas pour faire des activités possibles en France… En d’autre termes : on n’est pas venus pour se faire limer les ongles de pieds !

Une fois nos sacs désincrustés de nos épaules nous partîmes en quête de nourritures. Avant cela, en quête de monnaie.

— Bon, je retire un millions deux cent clinquantes mille chacun.

Annonce, désinvolte, Le Bon, pendant que La Brute et moi-même trépignons à l’idée d’être multi-millionnaires.

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Sur place 1 euro équivaut à quelques 14 000 rupiahs, alors la barre du million passe vite.

Au final, nous nous sommes vite habitués à dépenser plusieurs milliers à chaque sortie.

Sur l’île, il n’est pas question de bus, de train ou autre tram et métro. Le moyen de transport privilégié c’est le scooter et sans scooter tu vas pas loin. Donc scooter nous avons loué.

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700 000 Rp pour un mois de location c’est un bon prix. Plus c’est prix touriste, moins c’est prix local.

La première semaine est passée tranquillement, variant entre hôtel, ville et quelques plages. Un peu de farniente après un mois de mouvement, ça fait du bien ! Nous avons profité de notre moyen de locomotion tout terrain “Si si, ça passe” pour parcourir la ville et ses environs, notamment les plages de sable blanc.

La plage du coin

La ville de Denpasar en elle-même n’est toutefois pas le rêve idyllique auquel on pourrait s’attendre. Due au nombre extraordinaire de véhicules motorisés l’air est saturé de gaz d’échappements, les trottoirs ne sont pas monnaie courante donc gare à ne pas se faire rouler sur les tongs et pour finir, son patrimoine culturel équivaut en qualité celui du 93. C’est une capitale et en tant que telle elle concentre l’activité économique de l’île. Bien que reflet de la société et ses habitants, la dite économie reste inaccessible pour un non résident qui restera touriste. Nous n’avons donc pas plus appris sur le pays que sa pauvreté… Ce qui n’est pas un scoop.

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J’exagère, il y a quelques temples… PARTOUT !

Nous avons tout de même pu, Le Bon et Le Truant, manger avec un ancien collègue de ce premier (souvenez vous : Jadis, l’année passée, il y à un an, c’était l’été) qui nous à fait visiter l’université d’informatique de Denpasar. Ettonement, une fois à l’interrieur, on se croirait à la maison : murs blancs avec la peinture qui tombe, escaliers moches, facades salle, batiment des année cinquantes… Comme quoi, il doit y avoir un consorcium mondial du design des universités délabrés.

Au terme de cette semaine nous décidâmes de retrouver deux amis du Bon qui, comme de par hasard, se retrouve en farniente sur le même îlot que nous. Nous quittons Denpasar en direction de Canggu pour rejoindre Laurette et Tim !

C'est partis !

C’est partis !

Un fois les dernières maisons citadines dépassées, sur la route rizières, palmeraies, jungles et autres flores magnifiques se succèdent.

Un bord de route comme un autre

Nous roulons à toute allure – 40 km/h – jusque chez notre nouvel hôte à Canggu. Nous débusquons nos logement via le site Air BnB qui est excellent pour trouver des chambres chez des locaux ; il suffit de trouver l’annonce la moins chère – ici “moins chère” c’est 6 euros la nuits. Il s’agit en l’occurrence d’une famille de quatre ayant trois chambres supplémentaires ouvertes à la location. L’une d’entre elle est occupée par Erik, notre voisin de chambre suédois, voyageur solitaire coolos avec qui nous avons exploré un peu l’endroit. Une cinquième résidente non balinaise s’occupe de l’accueil et des réservations, elle parle couramment anglais et ça facilite bien les choses.

Comme à la maison !

Comme à la maison !

En échangeant avec elle, qui vit à Bali depuis plusieurs années, mes doutes se confirment : il est très difficile d’entrer en communication et d’avoir un réel échange avec un balinais à moins de partager leur quotidien (travail, études…). Il persiste malheureusement l’idée du White Power, considérant le blanc comme supérieur au balinais car il est plus riche, plus développé, plus truc muche.
Ce contraste est d’autant plus visible à Canggu qui est la plage de Bali, celle avec du surf, celle avec de l’alcool, celle avec des grande fêtes qui passent de la house. On comprend rapidement que les locaux – pour qui le prix d’une pinte équivaut à leur salaire hebdomadaire – ne se mélangent pas trop, pour protéger cette barrière invisible… pas si invisible que ça en fait puisque cette barrière c’est l’argent.
La ségrégation est telle qu’en me promenant le long de la plage, je quitte les surfeurs blonds et musclés pour me retrouver entouré de familles, d’enfants qui crient, de pères qui les arrosent et de mères qui rigolent. Alors je m’assois, je regarde et j’écoute. Je ne comprend rien. Le simple maillot de bain n’est pas à la mode, ici on préfère un t-shirt en addition. Personne n’est assis sur une serviette, personne ne fait bronzette. Tout le monde est regroupé je n’en distingue presque pas les différents groupes. C’est bruyant mais c’est reposant : c’est vrai.
Alors je me lève, je marche, plus loin en quête de plus d’authenticité j’entends de la musique, on loin une grande maison avec terrasse en plein air, du boom boom a fond et des caucasiens saouls à 16h qui gigotent sur le dancefloor… Je vous passe l’analyse sociologique cinglante du dimanche, je fais demi-tour et vais me resseoir au milieu des familles.

OKLM

OKLM

Nos hôtes bien que peu présents sont toujours agréables et aidants si besoin est. La mère nous propose à chaque fois quelle nous croise un café, qui se dit “kopi” ici.
Kopi kopi ? Sera notre refrain quotidien. Ça nous fait marrer, elle aussi. Tant mieux !
A savoir qu’ici le café, c’est spécial. La recette est simple : une (grosse) cuillère de café, une (grosse) cuillère de sucre et de l’eau chaude. Voila, point barre, tu mélanges tout ça dans ton verre, t’attends que ça décante et t’évites de boire la fin de ton verre… Je veux dire, pourquoi s’encombrer d’une machine ?!

Une fois de plus, on profite du lieu, de la plage, du surf, des bières et des copains, des couchers de soleil, des pluies chaudes et de la nourriture !
Avec nous traîne Solène, une voyageuse solo qui aime bien passer sa journée au bar de la plage avec nous entre deux aventures.

Pour la nourriture, en tant que végan pour Le Bon et Le Truand, contrairement au Japon, Bali c’est le paradis ! Un des plat les plus populaires est le “nasi campur“, qui signifie “riz composé”. Dont on choisit son riz : blanc, jaune ou brun puis tout ce qu’on veut y mettre dedans, en allant du tofu au tempe sauce cacahuète caramélisée passant par les haricots verts, la salade, les patates sautées et bien plus encore !

Mais jusqu’ici nous n’avons observé que la partie Sud de l’île.

En route pour la suite !

En route pour la suite !

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